
Le 7s, une affaire chiffres !
Les chiffres suivants sont issus de l’analyse des matchs officiel de la compétition masculine du championnat HSBS SVNS Elite 1, année 2020. Je ne résiste pas au plaisir de les partager avec vous, tant ces stats sont hallucinantes pour qui a déjà joué au rugby à 5, à 7, à XV ou avec sa mère dans le jardin.
Le document original est téléchargeable ici : https://www.world.rugby/the-game/game-analysis/reports/sevens-men#Reportingmethod
Pour les stats de la compétition féminine, ça se passe ici: https://www.world.rugby/the-game/game-analysis/reports/sevens-women
Petite bizarrerie, les rapports n’apparaissent que si la langue du site est paramétrée sur “English”, encore un coup de la perfide Albion !
Un essai tous les 69 secondes !
Le nombre moyen de points marqués par match Elite 1 en 2020 a été de 38,4 points/match, avec un maximum de 50 points marqués et un minimum de 7 points marqués. Le 7s est clairement un sport qui fait la part belle à l’attaque !
Tous matchs confondus, le temps moyen avant qu’un essai soit marqué était seulement de 69 secondes. Même pas le temps d’aller… se chercher une bière sans alcool ! Le temps minimum entre deux essais a été 45 secondes et le temps maximum a été de 117 secondes. Autant dire une éternité à ce rythme de fous !
De manière très étonnante aucun point n’a été marqué sur coup de pied de pénalité dans le championnat Elite 1 en 2020 ! Ca s’explique par la nette préférence des joueurs pour un jeu à la main rapide (42% des décisions), pour un jeu à la main avec combinaison (26%) ou pour une pénaltouche (25%). Seules 7% des pénalités ont fait l’objet d’une mêlée et donc aucune équipe n’a choisi de jouer les pénalité au pied. Au 7s elles se jouent en drop, d’où une probabilité d’échec plus élevée. Dans les règles de Play it Sevens, on vous a tout de même laissé libres de choisir la manière de jouer vos pénalités. Mais sachez que c’est très très très mal vu de tenter les pénalités, alors ne venez pas vous plaindre si des sifflets tombent des tribunes parce que votre équipe ne veut pas assurer le “pestacle”!
Des touches et des mêlées rarement contestées
Pour un quinziste et singulièrement pour un pilier, il est stupéfiant de découvrir que 98% des mêlées et 84% des touches ont été conservées, en 2020, par les équipes qui bénéficiaient du ballon ! Ces stats à faire rêver les entraineurs d’avants les plus sadiques s’expliquent assez simplement par le faible taux de contestation de ces phases de jeu par les équipes adverses (61% pour les touches par exemple et proche de 0 pour les mêlées). Dans un sport où le terrain semble immense, mieux vaut concentrer la défense sur les porteurs de ballon actifs que de se hasarder à trop s’investir sur une poussée en mêlée ou un saut en touche. Les taux de turnovers (changement de possession du ballon) sur mêlée ou touche étaient de l’ordre de 5% seulement. Dans le jeu, on vous a sacrément avantagé avec un taux de turn-over de 16,7%. Bande de petits veinards ! Ceci dit, cette petite entorse à la réalité de 2020 suit une tendance observée depuis: Certaines équipes, tels que les joueurs sud-africains contestent de plus en plus ces phases de jeu, afin de mettre la pression sur leurs adversaires et imposer un défi physique.
Pénalités et turnovers, sources principales d’essais
Si on regarde dans le détail le type d’action qui a précédé les essais marqués en 2020, on apprend que les pénalités jouées rapidement à la main étaient une arme fatale dans plus d’un essai sur cinq (21%), suivies des turnovers (18%), d’une mêlée (14%) et d’un coup de pied d’envoi ou de renvoi reçu (13%). Suivent ensuite, comme autres causes d’essais, les pénalités jouées avec combinaison (11%), les renvois regagnés (10%) et les touches au bénéfice de l’équipe qui a marqué (9%). Seuls 2% des essais ont été inscrits après une touche de l’adversaire ou suite à la réception d’un coup de pied (2% également).
Autre stat surprenante, seuls 8 essais de pénalité sur 1380 essais inscrits (0,6%) ont été accordés par l’arbitre aux attaquants !
Un essai sur 3 marqué entre les poteaux adverses
S’il est une pratique bien ancrée au 7s c’est de marquer entre les poteaux adverses, souvent en attendant tranquillement qu’un adversaire désespéré tente de vous y rejoindre. Cela s’explique par la largeur des intervalles entre les joueurs et leur faible nombre sur le terrain. Une fois le rideau défensif traversé et si personne n’est capable de vous rattraper, il n’y a plus qu’à faire cavalier seul. D’où ce chiffre astronomique de 36% des essais marqués entre les poteaux adverses ! Trente pourcents des essais sont marqués à droite des poteaux adverses contre 34% à gauche, mais n’y voyez aucune allusion politique…
Temps de jeu, regroupements et passes
Le temps de jeu effectif moyen était de 419 secondes soit presque 7 minutes, sur les 14 minutes (20 en finales) des matchs officiels.
Le temps de jeu moyen avant de voir une passe n’était que de 6 secondes, celui avant un passage par du jeu au sol de 19 secondes et il fallait près d’une minute (55 secondes en moyenne exactement) pour qu’une équipe entre dans le camp adverse. Le 7s n’est donc pas un jeu où vous verrez une équipe “camper” en terrain adverse et l’user jusqu’au pojnt de rupture par une série de pick-and-go, comme l’affectionnent les équipes anglo-saxonnes au XV. Ici ça va très vite d’une extrémité à l’autre du terrain. Quelle que soit la place que vous choisirez, vous verrez la balle souvent !
Côté regroupement (rucks au sol et mauls debout), on en comptait une moyenne de 22,4 par match (soit environ 11 par équipe). Dans Play it Sevens, ils reviennent beaucoup moins souvent que cela pour favoriser le jeu de passe et les offloads (passes après contact, au nombre de 4,7 en moyenne par équipe et par match en 2020). Au total, les nations du championnat Elite réalisèrent une moyenne de 35 passes par équipe et par match et c’est cela qu’on a souhaité mettre en avant dans la siùmulation..

